Édifié entre 1634 et 1646 au coeur du XVIIe siècle,
ce fleuron architectural est le précurseur des Châteaux de Vaux
le Vicomte et de Versailles.
Réalisé à la demande de René Longueil, grand seigneur du royaume
et homme politique proche de Mazarin, le Château de Maisons traduit
un souci : être proche de la Cour. Louis XIV, Anne d'Autriche et
Marie-Thérèse y séjourneront d'ailleurs à plusieurs reprises.
Aujourd'hui, après trois siècles, le Château conserve son harmonie
et sa majestueuse ordonnance :
Le Vestibule d'Honneur dont la voûte est soutenue par huit colonnes
doriques et le Grand Escalier, ouvrage remarquable et novateur
de l'architecte.
L'appartement du roi précédé par la Salle des Fêtes, tendue
de tapisseries des Gobelins du XVIIIe siècle : "Les chasses de
Maximilien".
La chambre du roi offre, quant à elle, la copie d'un remarquable
lit du XVIIe siècle.
L'appartement de la reine, qui est devenu au fil des temps celui
du maréchal Lannes.
L'appartement de la Renommée ou du comte d'Artois, dont la conception
et la décoration actuelles sont dues à Bélanger et à Lhuillier.
En 1777, le comte d'Artois, frère de Louis XVI et futur Charles
X, achète le domaine de Maisons. Grand amateur de chevaux, il installe
dans les superbes Écuries du Château son "écurie de course
anglaise".
En 1828, une première réunion de courses est donnée le long de
la Seine, au pied du Château alors propriété de J.
Laffitte. Son neveu, Charles, et son gendre, le Prince de la Moskowa,
en sont les animateurs. Peu après, ils deviennent fondateurs de
la Société d'Encouragement (Jockey Club), pilier des courses françaises.
L'Hippodrome est inauguré par Joseph Oller, le 6 juin 1878. Outre "la plus longue ligne droite du monde", sa configuration "en raquette" permet des parcours très diversifiés. Plus de 30 réunions s'y déroulent chaque année.
Le Centre d'Entraînement compte parmi les plus beaux d'Europe. 100 km de pistes
sur 50 hectares, forment un cadre de travail unique qui prépare
les chevaux aux disciplines de plat et d'obstacle. C'est le seul
lieu où sont exactement reproduits les célèbres obstacles d'Auteuil.
70 entraîneurs, véritables professionnels, mènent les chevaux au maximum de leurs capacités athlétiques. A Maisons-Laffitte, la rentabilité P.M.U. par cheval entraîné est la plus élevée de France.
De talentueux artisans, proches du monde du cheval, de la gastronomie
et des arts de la table, de la restauration de mobilier et de tableaux
anciens... sont, à Maisons-Laffitte, au coeur de leur univers :
ils conjuguent l'art de travailler avec l'art de vivre.
Beaucoup d'artistes aussi sont venus y trouver le calme et l'inspiration. Comme
Idel Ianchelevici, célèbre sculpteur belge d'origine roumaine, en
1950. Le Centre Culturel créé dans une belle maison de 1848, au
coeur du "Vieux Maisons", près de l'Ancienne Église, réunit
une soixantaine de ses oeuvres.
Les Salles Hippiques qu'accueillent le Château de Maisons est le 3ème du monde après ceux de Newmarket et de Saratoga aux USA. Il retrace l'histoire des courses au travers d'une exposition permanente d'un grand intérêt. Des expositions temporaires, toutes dédiées au cheval, rythment en outre cette "magnifique épopée".
Plusieurs événements culturels de qualité se produisent chaque année,
notamment:
Les Nuits Musicales, en Mars depuis plus de 20 ans.
Le Prix Pégase de la Nouvelle Littéraire, remis en juin à l'Hippodrome,
qui consacre des manuscrits venus de tous les pays francophones.
Le Salon de la Bande Dessinée anime chaque printemps. Les auteurs y exposent
des planches originales.
Le Salon des Peintres, en fin d'automne, reçoit les créations de nombreux artistes français.
Le domaine de Maisons conçu par René de Longueil comprenait, outre
le Château, d'importantes Écuries, égales en beauté à celles
de Versailles et de Chantilly ainsi qu'un Parc de plus de 300 hectares.
En 1658, Louis XIV érigeait la terre de Maisons en marquisat et
autorisait la clôture du Parc.
Jacques-Laffitte achète le domaine en 1833, pour des raisons financières, celui-ci décide de lotir le Parc qui deviendrait "une ville composée de maisons de campagne".
Du tracé de François Mansart, il subsiste, en particulier, l'Entrée Royale, devenue les Caves du Nord, à l'orée de la forêt de Saint-Germain et qui se situe dans la perspective de la Cour d'Honneur du Château.
Jacques Laffitte soucieux de sauvegarder le caractère résidentiel de son lotissement et un certain nombre de réserves boisées l'a doté d'un cahier des charges détaillés, toujours en vigueur.
Les premiers acquéreurs ont été des bourgeois parisiens appartenant au monde des affaires et du spectacle. Trente ans plus tard, commence la construction des plus belles écuries d'entraînement de chevaux de courses.
En 150 ans, le "Grand Parc", lieu de villégiature, de luxe, et de plaisirs, a accueilli de nombreuses personnalités comme F. Jay-Gould, l'Aga Khan, J. Fath, J. Cocteau...
Leurs anciennes propriétés constituent aujourd'hui, pour les visiteurs, d'intéressants lieux de mémoire.
Cette petite ville, au pied de la Grande Terrasse de Saint-Germain-en-Laye, bordée par la Seine, conserve de son histoire à dominante rurale, une économie agricole. Ce terroir de vignes et de vergers est occupé depuis 50 ans par d'importantes cultures maraîchères.
François Ier aurait été élevé au Château de Vaux, appelé "La Nourricerie", où il remisera plus tard ses chevaux de chasse. La Salamandre et le Faucon de Vénerie semblent témoigner de ce passé. Plus tard, Louis XIV se rendra souvent auprès de Mademoiselle de Lavallière qui possédait une résidence en bord de Seine.
Dès la fin du XVème siècle, des familles proches de la Cour viennent s'installer sur les terres du Mesnil : Antoine Méroet, Jean de La Salle, la famille Le Moyne à qui l'on doit la construction de l'église consacrée en 1587, sous le règne de Henri III. En 1789, le marquis de Lally Tollendal s'y établit à son tour et lorsque survient la Révolution, le comte d'Artois, qui possède Maisons, est le dernier seigneur de ce "petit domaine".
Au XIXème siècle, Laffitte s'installe à Maisons et Le Mesnil-Le-Roi accueille
de riches bourgeois. On retiendra le passage d'Émile Littré
qui achète en 1847 une propriété dans laquelle il rédigera, entre
1863 et 1872, le célèbre Dictionnaire de la Langue Française.
Je voudrais que tout
étranger se fasse un devoir d'aller visiter le château de
Maisons qui est l'une des plus belles choses de l'architecture française...